Le pain d’épices, une affaire d’hommes !

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Le maire (Bürgermeister), un pain d’épices pas comme les autres

« Y’en a des » (1) qui « bouffent du curé », personne n’est parfait !

Moi, par contre, j’ai eu ces jours-ci le plaisir de manger du … maire, et pour pas cher !

Pas d’affolement, en fait, le « Burgermeister » (le maire) n’est autre qu’un succulent pain d’épices aux noix (entre autres …) enrobé de chocolat !

Magistral (!), j’en renierai presque mes marrons glacés favoris, c’est dire …

Il faut dire que le pain d’épices (Lebkuchen) est la spécialité de la maison Rachenzentner » (2), la pâtisserie artisanale de Moedling (une jolie petite ville dans les environs de Vienne) qui existe depuis … 1807. Elle en fabrique quelques 48 sortes ! Un délice autant pour le goût que … l’odeur !

En poursuivant mes recherches, j’ai trouvé un autre « pain-d’épicier » (Lebzelterei), Metzger und Sohne (Metzger et fils), à Perchtolsdorf, à quelques minutes de chez nous (3) ! Une référence dans la région viennoise (la maison existe depuis 1685) qui fournissait la cour impériale, si si !

Le pain d’épices s’est développé à la cour des Habsbourg à Vienne et répandu dans la noblesse et la société viennoise au 17ème siècle. C’est aujourd’hui une institution en Autriche, un peu comme la galette des rois en France (4).

Apparu au Moyen Age, notamment en Belgique, mais aussi en Allemagne, en Autriche et en Suisse, le pain d’épices et ses nombreuses variantes porte des noms différents comme le Basler Leckerli (Bâle), le Nürnberger Elisen (Nuremberg) ou le Wiener Herrenkuchen (5) à Vienne.

Le pain d’épices viennois se présente sous des formes et recettes variées (avec du massepain, des amandes, des noix, des fruits, des confitures et gelées, …), mais presque toujours rempli et/ou enrobé de chocolat ..

Un délice ! Rien à voir avec le pain d’épices en tranches et sous-plastiques des épiceries de chez nous, à part peut-être le nom (!) et surtout le miel, qui en est la base.

Il existe en effet encore en Autriche ou différents pays germaniques, des « Lebzelter« . Ces artisans, spécialistes du pain d’épices mais aussi de tout ce qui touche au miel et à la cire, ont historiquement le droit de faire et vendre de l’hydromel ainsi que de fabriquer des bougies.

Allez, mesdames et surtout messieurs (!), oubliez les débats municipaux, à Wien comme dans la Drôme, partez en pèlerinage (!) et venez de toute urgence … déguster les pains d’épices viennois, et pas seulement en fin d’année !

(1) Expression stéphanoise.

(2) Rachenzentner – http://www.lebzelterei-rachenzentner.at/

(3) Metzger und Sohne – https://metzgersoehne.com

(4) On trouve de très bonnes pâtisseries françaises, à Vienne, les seules à fabriquer des galettes des rois traditionnelles, qui reste une tradition française. Alors que le jour des rois (le Königstag) est férié en Autriche. Nous en reparlerons !

(5) Littéralement, « le gâteau des hommes » ! Ça ne s’invente pas !

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Baguette magique !

Bio-Baguett Ströck - 12.19 - Photo JYR

La baguette se moque de nous !

Il y quelques jours, un ami viennois (et francophone !) vient, avec un grand sourire, m’apporter une baguette (1) achetée dans une grande chaîne de boulangerie !

Cette baguette bio à base de farines locales de seigle et de blé n’est pas mauvaise du tout.

Mais alors sur l’étiquette, voilà que cette baguette se moque de nous… (2) !

Rebaptisée « Bagett », elle en profite pour revendiquer une origine … viennoise !

Je cite : « de toute façon, la baguette vient probablement de Vienne  » (das Baguette stammt warscheinlich sowieso aus Wien).

Les croissants, d’accord (3), mais la baguette, il ne faut pas exagérer, et pourquoi pas aussi la pogne ? Non mais !

Puisque c’est comme ça, je vais dire à tout monde que les viennoiseries (4) viennent (!) … du nord Isère !

 

NB. : Précision importante à l’intention des boulangers viennois : si la baguette n’est pas encore inscrite au « patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO » (c’est en cours !), « les savoir-faire artisanaux et la culture de la baguette de pain » sont inscrits à « l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France » depuis le 23 novembre 2018. (Wikipedia). Voilà, c’est dit !

 

(1) Vous pouvez, en effet, demander une « Baguette » (le mot français) dans les boulangeries et supérettes viennoises.

(2)  » Bio-Bagett : le blé biologique rencontre le seigle biologique du Waldviertel [une région forestière au nord-ouest de Wien], une croûte incroyablement croustillante sur une mie ouverte et finement poreuse. Et le nom ? De toute façon, la baguette vient probablement de Vienne, on va la ramener à la maison et l’écrire correctement . » [traduction personnelle]

(3) L’existence du « kipferl », ancêtre du croissant, serait attestée dans les pays de l’Europe de l’Est depuis le XIIIe siècle ». [Le croissant est] « une viennoiserie à base d’une pâte levée spécifique ».  (Wikipedia).  Le sujet d’un prochain billet, qui sait ?

(4) Par contre, les Wiennoiseries viennent de … St Paul !

 

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Courge ou betterave, il faut choisir !

Courge Hokaïdo

Un autre visage de courge – Photo JYR – 11.19

Comme chaque année, navré voire excédé de l’omniprésence d’Halloween et des … courges au mois de novembre !

Ben oui, quoi, fête d’origine irlandaise, Halloween n’est pas vraiment une tradition de chez nous. Importée de l’Europe celtique par des migrants irlandais au dix-neuvième siècle vers les États-Unis d’Amérique. Elle n’est apparue en France et dans une grande partie de l’Europe « méridionale » que très récemment. Et c’est en grande partie pour des raisons commerciales et mercantiles qu’elle rencontre du succès …

Il est vrai aussi qu’elle plaît beaucoup aux enfants (les déguisements de sorcière, la chasse aux bonbons …) .

Mais pourquoi une courge ?

A l’origine, le symbole d’Halloween était en fait un …. navet contenant une bougie pour commémorer la légende de « Jack à la lanterne », condamné à errer éternellement dans l’obscurité entre l’enfer et le paradis. Le navet fut progressivement remplacé par une citrouille en Amérique du nord, la citrouille étant plus large et plus facile à sculpter ! (1)

Et oui, il existe par exemple, une très ancienne tradition des … betteraves sculptées en Bretagne que certains essaient aujourd’hui de réanimer pour « contrer Halloween » … (2)

Mais aussi, la Rommelbootzennaat (« nuit des betteraves grimaçantes » en dialecte francique mosellan !) : tradition issue de la fête de « Samain » (une aute fête celtique très proche d’Halloween), célébrée en Lorraine, notamment dans le pays de Nied .

Quant à l’Autriche, la courge, légume-roi de Styrie y aussi est très présente mais pour d’autres raisons … (3)

Des courges, un monastère

Champ de courges près de GÖttweg (Basse Autriche) – Photo JYR – 10.19

 

En attendant, j’aime bien cette idée des betteraves sculptées ! Ça me réconcilie presque avec Halloween, mais alors sans les sorcières ni Amazon !

Allez chiche, plus de coucourdes,  mais des bette-raves parties !

 

(1) D’après Wikipédia

(2) https://www.bistroedouard.com/betterave-halloween.html

(3) voir dans Wiennoiseries l’article « la reine des courges » du 12.11.18

 

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