A côté de la plaque !

 

En marchant, il est parfois utile de lever la tête et de regarder … les plaques de rue (1) !

La signalétique à Vienne me surprend toujours, par sa qualité et sa lisibilité d’abord (la mention de l’arrondissement, la présence systématique à tous les coins de rue, …), mais pas seulement …

Cela fait déjà quelque temps que je voulais évoquer ces plaques qui comportent comme des sous-titres ou des commentaires.

Plutôt que de systématiquement débaptiser des rues, la municipalité a, en effet, choisi, pour certaines personnalités très controversées  (notamment en raison de leur attitude durant les années 30 ou pendant la deuxième guerre mondiale), de rajouter une phrase résumant les travaux des biographes et des historiens.

Cela nécessite un petit effort de lecture (et dans mon cas de … traduction !) mais c’est une alternative intéressante, et … facile à transposer chez nous !

Voilà ce que l’on peut lire sur les plaques de mon quartier, le 23ème arrondissement  (photos ci-dessus) :   » Maria Grenng – Peintre et auteure de romans et de contes de fées sur son pays natal, qu’elle a également illustré elle-même. Reçoit le Prix d’État autrichien de littérature en 1936. Son adhésion au NDSAP (2) et son racisme déclaré sont problématiques dans sa biographie. »

« Josef von Manowarda – Chanteur de concert et d’opéra. Professeur à l’Académie de musique et des arts de la scène, il a connu un grand succès à l’opéra avec Wagner, Strauss et Mozart. Le problème dans sa biographie est son engagement national-socialiste actif depuis 1933  » (3).

Instructif , et … indispensable : pour ne pas oublier (4), il faut peut-être regarder … droit devant  et garder la « tête en l’air » !

(1) Dans ce même blog, voir le billet « Du côté de la plaque » du 18 mars 2016
(2) NDSAP : le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (en allemand : Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei) : le « parti nazi ».
(3) Traduction par mes soins
(4) « Ce n’est pas nous qui revenons sur le passé, c’est le passé qui menace de revenir sur nous » (Georges Bernanos)
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En campagne (*)

Les élections européennes qui ont lieu en même temps (ou presque !) dans toute l’Europe me donnent l’occasion, une nouvelle fois (1) de comparer les systèmes électoraux français et autrichiens.

Les différences sont parfois importantes, en tout cas significatives. En voici quelques unes.

Avec le fichier centralisé des habitant-e-s, l’inscription est automatique sur les listes électorales (2), y compris pour les citoyen-nes d’autres pays européens résidents en Autriche (3).

Les électeurs et électrices -trices (à partir de seize ans en Autriche) ont le choix de voter dans leur quartier, mais aussi (s’ils s’y prennent à l’avance) par correspondance et dans n’importe quel autre bureau de vote du pays (il n’y a pas de vote par procuration) !

Pour vérifier si vous êtes inscrit, vous avez la possibilité de consulter une affiche apposée dans chaque entrée d’immeuble collectif comportant le nombre d’électeurs par appartement (photo ci-dessus).

Il n’existe pas de couteux (et souvent tardif) envoi à domicile des professions de foi (et des bulletins de vote), ni de véritable carte d’électeur, mais un simple courrier envoyé plusieurs semaines à l’avance indiquant les coordonnées de votre bureau de rattachement (école du quartier ou bâtiment public).

Pour le vote, un seul bulletin à cocher, comme pour les élections présidentielles, remis en main propre à l’électeur(trice) avec l’enveloppe de scrutin (4).

L’affichage est complètement différent, pas d’alignement de panneaux officiels comme en France mais pour ce qui est de Vienne, un accès facile aux panneaux commerciaux (la « cohabitation » avec les publicités est parfois … surprenante !) gérés par l’équivalent d’une société d’économie mixte (semi-public donc) et surtout cet intéressant système de panneaux amovibles sur les trottoirs et aux emplacements « stratégiques (places, arrêts de bus, équipement publics, …).

Pas d’interminable et probablement contre-productive campagne officielle radiodiffusée mais de nombreux débats en direct, à une grande heure d’écoute et pas seulement sur les chaines publiques ! Il faut dire que sept listes (5) seulement, ça facilite les choses …

Pas sûr que l’abstention soit nettement plus faible mais, en attendant, ça marche et c’est .. sûrement moins cher !

Un point important à ne pas oublier, le droit de vote est à seize ans en Autriche

Nos ami-es néerlandais-es (qui ont voté jeudi !) ont, quant à eux, expérimenté le vote, dans …  les tramways !

Unis mais dans la diversité …

 

(*) à prononcer avec l’accent de Romans !

(1) voir dans ce blogue, le billet « Au troisième temps de la valse » du 29/08/16

(2) en Autriche, tous les résident-e-s, autrichiens, comme étrangers, sont enregistrés sur un fichier centralisé et doivent – un peu à l’exemple du fichier de police rempli autrefois en France dans les hôtels – et doivent obtenir un certificat  d’enregistrement portant le doux nom d’ « Anmeldebescheinigung » dans la langue de Niki Lauda. Une fois obtenu, il permet notamment de simplifier un certain de démarches administratives

(3) tout citoyen français, régulièrement inscrit sur les listes consulaires peut voter soit pour les listes françaises, soit pour les listes autrichiennes

(4) il existe aussi le cas particulier du « vote préférentiel » sur lequel nous reviendrons dans un prochain billet

(5) l’une d’entre elles, celle des centristes libéraux du parti NEOS a pour tête de liste Claudia GAMON, un patronyme quasi … saint-paulois !

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